Presse

Le blog de Jean Pierre Rousseau - 21 décembre 2016

Chapeau bas au chef américain et à ses jeunes musiciens français !

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La Provence - 3 septembre 2016

Avec David Zinman qui excelle ici à nuancer tous les airs de l'oeuvre, l'Orchestre se lance après l'entracte dans une magnifique 4ème symphonie de Mahler

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Concertclassic.com - 14 septembre 2016

L’acoustique du grand vaisseau de la cathédrale de Laon ne nuit en rien à la précision des timbres et à l’équilibre entre la sonorité chaleureuse du violoncelle et la fluidité d’un orchestre rigoureux et raffiné.

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Zibeline - 1er septembre 2016

C’est une véritable prouesse qu’a réussi cet ensemble avec ce si bon chef qu’est Zinman d’arriver à pénétrer le mystère malhérien avec cette énigmatique quatrième symphonie mâtinée d’ironie, d’une noirceur lumineuse si bien mise en exergue par la très belle soprano Elsa Dreisig dans l’interprétation du Lied final.

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On-topaudio - 31 décembre 2015

« C’était ce soir-là aux musiciens de l’Orchestre Français des Jeunes d’officier dans cette vaste salle de la Philharmonie I. Placé sous la direction agissante et chaleureuse de David Zinman, l’Orchestre Français des Jeunes réagissait avec enthousiasme face à la bondissante et virevoltante Ouverture du Carnaval romain de Berlioz. Le chef américain et son orchestre, maîtrisaient à merveille l’aspect inquiétant, violent et emporté des Danses symphoniques de Rachmaninov. »

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Concertclassic.com - 24 novembre 2015

« Aboutissement d’un travail de seulement douze jours, dont on ne peut qu’être frappé des fruits recueillis. Rondeur des vents, soyeux des cordes, cohésion, équilibre, dynamique sonore, énergie d’ensemble et subtilité de chaque pupitre : les trente-et-un jeunes instrumentistes égalent en maturité les meilleures phalanges baroques. Une prouesse ! Qui doit beaucoup, n’en doutons pas, à la direction impérieuse de García Alarcón, à son incomparable savoir-faire et savoir transmettre (ici, éminemment pédagogique) »

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Classiquenews.com - 1er octobre 2015

« Après le tour de chauffe que constitue le fameux Carnaval Romain d’Hector Berlioz, réalisé avec autant de sensibilité que de brio, la phalange hexagonale s’attaque à la Quatrième symphonie de Ludwig van Beethoven, opus plutôt discret entre les célébrissimes Troisième et Cinquième symphonies. Cette symphonie évoque un peu, par son romantisme délicat et sa poésie souriante, le Schubert de la Cinquième symphonie, avec ce même sentiment de mystère qui baigne les mesures de l’introduction lente, puis cette impression d’esprits errants dans l’Allegro vivace. Quant à l’Adagio [...] , Berlioz avait dit : « ce mouvement surpasse tout ce que l’imagination la plus brûlante pourra jamais rêver de tendresse et de pure volupté ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que David Zinman et l’OFJ rendent parfaitement justice à ces différentes atmosphères… avec un son qui subjugue l’oreille des auditeurs ! »

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Altamusica.com - 20 décembre 2014

Quelle qu'en soit l'imagination plus ou moins historique, leur progression tient de l'hypnotisme. Les nuances colorent d'entrée les répétitions subtilement évolutives. Sous la direction de Dennis Russell Davies, l'Orchestre français des Jeunes en donne tout à entendre. Telle une vague qui gonfle et se retire et revient, la masse orchestrale insensiblement différenciée suit le rythme maître du jeu. Implacable sous la richesse des sonorités, il porte les sons rauques, déchirés, alanguis, les silences abrupts d'ondulations qui se propagent et se fondent, pupitres personnalisés jusqu'au piano et la conclusion percussive d'une œuvre surréaliste irrésistiblement soutenue.

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La Marseillaise - 10 octobre 2014

Sous la direction précise et légère de Christophe Coin, le résultat est euphorisant En témoigne une Danse des Furies de Gluck trépidante et aérienne. Le son est finement ciselé malgré les flottements de justesse inhérents aux cordes anciennes. On savoure les très belles parties de bois, flutes, hautbois et bassons impeccables de précision et de virtuosité. Jusqu'au pupitre des percussions qui se fait remarquer avec Laurent Sauron dans un solo de castagnettes réjouissant et un triangle spirituel. Cette session 2014 est donc une réussite totale tant par la qualité de l'interprétation, qui restitue à cette musique tout son jus, que par l'enthousiasme de ces jeunes professionnels engagés corps et âme dans ce répertoire qu'on ne cesse, encore aujourd'hui, de redécouvrir avec bonheur

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Libération - 30 juillet 2014

La session d'été des étudiants de l'Orchestre français des jeunes s'ouvre à Aix-en-Provence. Début d'été à la Philharmonie de Berlin : l'Orchestre français des jeunes, dit OFJ, ouvre le festival Young Euro Classic, qui présente les meilleurs orchestres de jeunes européens. Au programme, la Symphonie n°1 de Sibelius, le Concerto pour la main gauche de Ravel, avec Romain Descharmes en soliste invité, et l'ouverture Leonore, n°3 de Beethoven. Contre toute attente, alors que le Philharmonique local est tenu pour l'un des trois meilleurs au monde, les Français font salle comble et recueillent une ovation.

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Berliner Morgenpost - 23 juin 2014

La musique du Finlandais souvent si rugueux et si laborieux semble ce soir-là s'épancher d'une beauté tranquille, son énergie et son intransigeance adoucies par un plaisir de jouer tout naturel. Le grand professionnalisme de certains solos est saisissant. Ainsi, le clarinettiste anonyme qui joue dès le début de la symphonie pourrait très bien faire partie d'un orchestre de classe mondiale. Ses notes douces, qui semblent flotter dans l'infini, rappellent fortement le clarinettiste de la Philharmonie de Berlin Wenzel Fuchs.

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Concertclassic.com - 04 septembre 2013

Le courant passe avec le maestro américain, visiblement heureux de conduire ses jeunes troupes et de leur transmettre son expérience. D’une gestique aussi précise que suggestive, il sculpte la masse sonore, dose les timbres et entretient de bout en bout une formidable ferveur. Pas une once de routine, seulement un désir de musique, une envie de se donner au maximum qui, une fois de plus, font honneur à l’OFJ et soulèvent l’enthousiasme du public, gratifié en bis d’un Prélude de l'Acte III de Lohengrin rondement mené.  

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Le Pariser - 20 août 2013

 

Dennis Russell Davies y fait souffler une belle juvénilité que l’on apprécie également dans Iberia de Debussy, autre témoignage méridional d’un grand raffinement. L’oreille est agréablement caressée par ces couleurs variées et lumineuses, restituées avec une belle énergie qui fait pardonner les imprécisions émaillant surtout le redoutable Wagner. Mais l’essentiel est ailleurs, dans cette volonté d’apprendre et de progresser si évidente et à laquelle répondent la patience et l’enthousiasme de Dennis Russell Davies. Ce n’est pas un hasard si plus de neuf musiciens sur dix passés par l’OFJ sont devenus professionnels. L’avenir n’a jamais été aussi tentant.

 

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La Provence - 16 août 2013

Après l’entracte, c’est avec le Ring sans paroles que l’OFJ bouclait la soirée. [...] A la direction, Dennis Russell Davies prend visiblement du plaisir et ses musiciens, à tous les pupitres, semblent en faire autant. Aux élans des cuivres répond le raffinement des cordes. A la précision de la petite harmonie, la puissance des percussions.

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La Provence - 7 août 2013

Pour inaugurer leur septième résidence au Grand Théâtre de Provence, les musiciens de l’Orchestre Français des Jeunes ont créé l’événement hier en fin de journée sur la place Richelme. Wagner étant le compositeur de l’année pour les jeunes musiciens, c’est la Chevauchée des Walkyries qui était donnée de façon impromptue devant les terrasses des cafés où les consommateurs n’en croyaient ni leurs yeux ni leurs oreilles."
Michel Egéa – La Provence – 7 août 2013 à propos du Flashmob organisé par l'OFJ

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Volksblatt Skt. Florian, 18 août 2012

"Puis, quand les quatre mouvements de la symphonie de Bruckner « Die Nullte » sont arrivés sur les pupitres, le public a été littéralement transporté dans l'univers sonore du compositeur qui avait renié cette œuvre et ne l'avait donc lui-même jamais entendue. La première représentation n'avait eu lieu qu'en 1924 à Klosterneuburg. Pendant la soirée, Dennis Russell a réussi à en donner une interprétation qui donnait le frisson. Il a su gagner les jeunes Français à cette musique très exigeante et pleine de pièges et à déclencher leur enthousiasme. Dans la basilique archicomble, le tonnerre d'applaudissements ne voulait plus finir, tandis que les musiciens saluaient leur chef d'orchestre en tapant des pieds."

Kleine Zeitung / KTZ, 17 août 2012

 Sous la direction fascinante et attentive au détail de Russell Davies, les tempos et les volumes sonores de cette œuvre unique en son genre [la symphonie n°0 de Bruckner] ont été d'une parfaite justesse, qu'il s'agisse des parties méditatives de l'andante ou des deux derniers mouvements, dont les fragments romantiques présentent des similitudes avec la musique de Schumann ou de Mendelssohn

Financial Times, 12 août 2012

"With Glass having turned 75 this year, the OFJ advertised the premiere as a double celebration - and the five-movement piece was indeed rather celebratory. There were enough typical Glass elements - repeated arpeggios, chugging chords, cross-rhythms and pared-down harmony - for the 35-minute piece to win no new converts. But there was also a cool, fresh energy about it, arising as much, perhaps, from the jeunesse of the players and the sleek, modern hall (only five years old), as from the fact that Glass must have had a youth orchestra - this youth orchestra - in mind when he wrote it."

La Provence, 1er août 2012

A l'ombre des platanes, dans la cour de l'établissement hospitalier des personnes âgées et dépendantes Saint-Jean de Dieux, une musique s'invite au bruissement des feuilles. Hautbois, violon, harpe...traversent l'air. L'Orchestre Français des Jeunes prouve sa richesse et sa générosité. Devant un public subjugué, les jeunes musiciens ont offert un récital des plus vivants. Jeu de théâtre et interaction avec ce public ont transcendé les oeuvres jouées avec sérieux.

La Provence, 11 mai 2012

"Autre bijou apprécié en deuxième partie, l’Ouverture en sol mineur de Johann Bernhard Bach, petit cousin de Jean-Sebastien. Une composition qui demande de l’endurance, car alternant sic mouvements dans la foulée, mais aussi beaucoup de précision. Qualité dont ont fait preuve, tout au long de la soirée, les musiciens de l’OFJ baroque, mais qui n’est pas la seule. Beaucoup d’allant et de passion dans le jeu, avec des couleurs chatoyantes et soyeuses et une attention de tous les instants pour le premier violon solo qui dicte départs et cadence. Du beau travail !"

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La Provence, 19 décembre 2011

« Depuis 2008, tous les ans, été comme hiver, on se dit que le bonheur procuré par les prestations de l’OFJ est unique, qu’il fallait savourer l’instant parce que la prochaine fois ce serait peut-être moins bien. Après le concert de samedi, il faut croire que le vocable « moins bien » a définitivement été banni du vocabulaire des jeunes musiciens et de leur encadrement. Car, une fois de plus, c’est du total bonheur pour mélomanes qui a été distillé en forme de cadeau de Noël une semaine avec l’heure.»

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La Provence, 27 août 2010

« Une fois de plus, face à un Everest musical [la 9ème symphonie de Mahler], l’OFJ a relevé avec talent le défi […] L’orchestre a fait preuve d’une rigueur absolue. Rigueur non dénuée de sentiments et de couleurs. Des attaques franches et précises (quel beau cor solo, quelle belle flûte solo…), des respirations bienvenues, de la douceur, de la puissance, de la dérision, de l’émotion : tout ce qui fait la richesse de cette symphonie était là. Et les cordes, quelles cordes. Sublimissime attaque du 4emouvement se poursuivant avec de la profondeur, de la couleur, de la chaleur et de la rondeur… »

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Berliner Morgenpost, 19 août 2008

« Un  final impressionnant. (…) Le concert de l’Orchestre Français des Jeunes, sous la direction phénoménale de Dennis Russell Davies, a jeté dans l’ombre, aussi remarquables furent-ils, tous les concerts précédents. Les jeunes Français constituent manifestement déjà un orchestre professionnel et peuvent s’attaquer en toute confiance aux tâches les plus difficiles. Russell Davies leur facilite le travail par son énergie, par l’expressivité de sa gestique au pupitre, et par sa puissance conceptuelle. »  

La Provence, 11 août 2008

« Ils se sont levés à la fin du concert. Tous. La trentaine de détenus de la maison d’arrêt de Luynes, qui ont assisté au concert de l’Orchestre Français des Jeunes, ont ainsi salué la prestation des tout jeunes musiciens […] Instants volés. Trop courts, autant pour les détenus que pour les musiciens qui, en quelques heures, ont grandi de quelques années. »

Diapason, 18 août 2006

«  En charge de la phalange depuis l’année dernière, Jean-Claude Casadesus se révèle professeur d’enthousiasme. Mais de quel matériau de rêve dispose-t-il pour bâtir l’interprétation que l’on savoure à l’Auditorium de Dijon, le port d’attache de l’OFJ ! La radieuse plénitude, la noblesse du résultat forcent l’admiration. Les regards complices disent un désir partagé. Pas un pupitre ne démérite – et pourtant Casadesus prend le temps de soigner le détail, d’exposer les uns et les autres à tous les dangers. »

Le Monde, 13 septembre 2004

« L’ouverture Mer calme et voyage heureux de Mendelssohn, ouvrait ensuite sur un horizon plus vaste : La Mer de Debussy, dirigée par Jesus Lopez Coboz avec un éclat fauve. Une mer chaude, charnelle, presque inquiétante, pleine de récifs et de sirènes, mais hardiment bravée et brassée par un orchestre aussi solide techniquement que musicalement engagé »

 

Le Figaro, 12 septembre 2004

« On est frappé par l’attitude de ces jeunes animés d’une formidable envie de se donner à la musique : les dos décollent des dossiers, les visages rayonnent de plaisir, guettant le moindre geste du chef espagnol Jesus Lopez Cobos. »

Le Monde de la Musique, Novembre 2004.

« L’Orchestre Français des Jeunes démontre à chacun de ses concerts ce que peut-être un service public de la culture efficient et légitime. Il y a des orchestres dont l’existe ne requiert aucune justification, et ce n’est pas le moindre mérite de l’Orchestre Français des Jeunes (OFJ, un patronyme que les anciens prononcent avec un peu d’émotion dans la voix) d’en faire partie. » 

La Provence, octobre 2008

A propos de l'OFJ Baroque 

Il y a du bonheur qui transparaît en permanence chez les musiciens de l’Orchestre Français des Jeunes Baroque. Du bonheur dans les regards, du bonheur dans le jeu. Bonheur évident de travailler avec un directeur musical passionné et passionnant, l’Ecossais Paul Agnew. Bonheur de faire partie d’une phalange précise, colorée, mais aussi espiègle […] Sa direction est souple mais précise et il bénéficie pleinement de la musicalité étonnante de cet orchestre qui joue avec les sons et les couleurs de façon extrêmement harmonieuse.

Le Monde de la Musique, Janvier 2007

A propos de l'OFJ Baroque 

« L’expérience des orchestres de jeunes, et de l’Orchestre Français des Jeunes en particulier, est si concluante qu’il nous tardait de la voir se reproduire dans d’autres formations et d’autres répertoires. C’est chose faite avec l’Orchestre Français des Jeunes Baroque. […] Quant au niveau de l’ensemble, il dépasse les espérances. Il faut entendre par exemple, le pupitre de basses continue, le cœur et l’âme de l’ensemble, hallucinant de vie et d’homogénéité. »

 

Le blog de Jean Pierre Rousseau - 21 décembre 2016

Les jeunes Français sont musiciens


C’était une émission que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître, qui était emblématique du France Musique des années 60/70 : Les jeunes Français sont musiciens, chaque semaine, sous la houlette de son producteur François Serrette, dressait une cartographie d’une France musicale encore balbutiante dans son organisation territoriale, mais où même dans les plus petits conservatoires, de valeureux pédagogues s’efforçaient, non sans succès, d’initier des générations d’enfants à la musique classique. J’ai, pour ma part, les meilleurs souvenirs de mes années au Conservatoire – qui n’était pas encore « à rayonnement régional »! – de Poitiers, et justement de deux émissions que Serrette était venu enregistrer en 1973, après qu’un jeune élève, auditeur de France Musique, lui eut écrit pour l’inviter – sans l’autorisation de ses professeurs ni de la direction de l’établissement !


Lundi soir, au concert de l’Orchestre Français des Jeunes, à la Cité de la Musique, je me disais que bien du chemin avait été fait depuis lors, et que peut-être cette émission y avait contribué.


En tous cas, le concert de lundi qui réunissait le violoncelliste Marc Coppey, le chef américain Dennis Russel Davies et l’OFJ, attestait une nouvelle fois de la formidable vitalité de l’enseignement musical et de l’engouement des jeunes musiciens français.


Avec un programme qui était tout sauf facile ou évident : une orchestration de brèves pièces de Gabrieli due à Bruno Maderna, le concerto pour violoncell  Tout un monde lointain  de Dutilleux (1916-2013) et la 3ème symphonie de Rachmaninov.


L’oeuvre de Dutilleux a beau être devenue un classique, j’ai le sentiment de la redécouvrir à chaque écoute, comme si ses mystères ne se dévoilaient qu’avec parcimonie. Longue ovation au soliste et à l’orchestre, grâce à laquelle Marc Coppey offrit en bis deux des trois Strophes que Dutilleux avait écrites, à la demande de Mstislav Rostropovitch, pour honorer le grand mécène et musicien suisse Paul Sacher.


Il faut écouter la version de Marc Coppey au disque, non seulement parce que c’est une belle réussite, que le couplage en est original, mais aussi parce qu’il contient une longue et belle interview de Dutilleux


En seconde partie, on attendait évidemment chef et orchestre au tournant, la troisième et dernière symphonie de Rachmaninov (1936) étant particulièrement difficile à appréhender et à restituer. D’une grande complexité d’écriture – le compositeur tente d’y conjuguer plusieurs styles – elle ne se livre pas facilement ni aux interprètes, dont la virtuosité et la rigueur rythmique sont très sollicitées, ni aux auditeurs. On connaît quelques ratages au disque ! Et de rares réussites…


Chapeau bas au chef américain et à ses jeunes musiciens français ! Non seulement ils se sont bien sortis de tous les pièges de la partition, mais ils en ont donné une vision tour à tour émue et flamboyante.


L’actualité tragique nous a vite rattrapés. Déjà pendant le concert s’affichaient sur mon téléphone les premières informations de l’attentat de Berlin… L’horrible impression d’une répétition de la tragédie, Paris, Nice, et tous les jours des victimes au Proche Orient…


 


Jean Pierre Rousseau


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La Provence - 3 septembre 2016

L'Orchestre français des Jeunes rend hommage à des oeuvres inspirées par la musique populaire durant un formidable concert de rentrée au GTP


 


Ce sont des oeuvres inspirées par la musique populaire que l'Orchestre français des Jeunes a mises au programme du concert de rentrée du GTP, là où il est actuellement en résidence. Une soirée  magnifique, tenue par des musiciens enthousiastes, talentueux, qui dirigés par David Zinman ont montré toute l'étendue de leur sensibilité artistique. On saluera donc la force de leur interprétation tout comme l'originalité du programme proposé. Au seminaire la brève "Marche écossaise" de Claude Debussy transposition réalisée en 1908 par le compositeur de sa propre pièce pour piano à q u a t r e m a i n s L'orchestration colorée met en valeur le thème principal donné ci sans excès et avec une grande poésie. Changement de registre ensuite, mais pas d'ambiance, avec "Appalachian Spring" de Aaron Copland (1900-1990) musicien américain pas si souvent joué que cela - cet été, à La Roque, l'Orchestre de Marseille sous la direction de Lawrence Foster a proposé un "Rodéo" de Copland assez festif - oeuvre subtile extraite d'un ballet éponyme créé en 1904 qui magnifie les grands espaces.


 


Romantisme


A partir d'airs populaires, Copland bâtit une succession de morceaux tour à tour romantiques, de facture country, épiques ou rappelant (en mieux) les pièces lyriques de Grieg. Notons pour l'anecdote qu'un passage de ce morceau a inspire une chanson pour Nana Mouskouri intitulée en français "Je te regarde". Avec David Zinman qui excelle ici à nuancer tous les airs de l'oeuvre, l'Orchestre se lance après l'entracte dans une magnifique 4ème symphonie de Mahler qui possède une certaine candeur enchanteresse. Trois moments forts : l'intrusion d'un violon désaccordé dans le deuxième mouvement, un troisième mouvement magnifique, et un final où un lied interpiété ici par la soprano franco-danoise Elsa Dreisig, qui souligne avec délicatesse les méandres de ce chant qui n'est pas sans rappeler, lui aussi, un air populaire.
On retrouvera l'Orchestre français des Jeunes le 15 décembre au GTP en compagnie du violoncelliste Truls mork pour un récital Dutilleux-Rachmaninov. Encore du bonheur à venir!


 


Jean-Rémi BARLAND


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Concertclassic.com - 14 septembre 2016

L’Orchestre Français des Jeunes au 28e Festival de Laon – Enthousiasme et accomplissement
– Compte rendu


 


Le Festival de Laon, qui fête sa 28e édition, offre chaque année entre septembre et octobre une programmation de très grande qualité concoctée par Jean-Michel Verneiges. Invité dans le cours de sa tournée de fin de session d’été, l’Orchestre Français des Jeunes s’est montré à la hauteur de l’enjeu sous la baguette du chef américain David Zinman, pédagogue hors pair, qui a su transmettre son expérience incomparable et fédérer une formation sans cesse renouvelée par l’apport de nouveaux jeunes musiciens (les 98 membres de la session 2016 participent pour la première fois à l’OFJ pour près des deux tiers d’entre eux).


Dès la Marche écossaise de Claude Debussy – une partition transcrite par le compositeur en 1908 à partir d’une pièce pour piano à quatre mains de 1891 –, le dynamisme et la concentration de chacun s’expriment avec jubilation, même si le caractère sombre de cette page est sacrifié au profit d’une lecture brillante plus romantique qu’impressionniste. Le Concerto pour violoncelle et orchestre « Tout un monde lointain » de Henri Dutilleux trouve ensuite en Gautier Capuçon un interprète totalement accordé au lyrisme et à l’onirisme de cette partition poétique, taillée dans le diamant. L’acoustique du grand vaisseau de la cathédrale de Laon ne nuit en rien à la précision des timbres et à l’équilibre entre la sonorité chaleureuse du violoncelle et la fluidité d’un orchestre rigoureux et raffiné.
Après l’entracte, l’intense et éruptive Symphonie n° 3 de Rachmaninov, jouée sans pathos avec un art consommé des transitions et des éclairages contrastés, bénéficie d’une direction empathique, claire et fluide. Chaque pupitre s’épanouit avec un zèle et un engagement qui font plaisir à voir dans ce programme sans concession. On imagine tout ce que ces jeunes artistes auront retiré du travail avec un maître tel que David Zinman ...

Michel Le Naour


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Zibeline - 1er septembre 2016

L'élan de la jeunesse

Moi musicien, je jouerai dans l’Orchestre Français des Jeunes pour apprendre le métier et partager avec d’autres le bonheur simple qui est de faire de la musique.


Moi musicien je croquerai à pleines dents les œuvres du répertoire, mais je ferai découvrir également au public de mélomanes qui remplit les travées du GTP des œuvres délicieuses moins jouées comme la splendide Quatrième symphonie de Malher ou encore la Marche écossaise sur un thème populaire de Debussy.
Moi musicien, j’aurai les yeux qui pétillent à l’idée de travailler avec un chef comme David Zinman tant sa lecture des œuvres, et plus précisément du bijou malhérien, est lumineuse et tant sa direction, claire, simple et limpide est efficace.


Et ces musiciens, dans cet ensemble vivifiant et pétillant se sont régalés à faire sonner le thème populaire des Highlands costumé avec soin par le compositeur français, feux d’artifice de timbres, orchestration colorée et soignée comme savait faire le faire le maître Claude. Et cette jeunesse a déployé son beau pupitre de cordes pour faire chanter les thèmes de Copland dans Appalachian Spring évoquant les grands espaces américains. Loin du raffinement debussyste, Aaron Copland a réussi à tisser une grande fresque musicale dont se souviendront des compositeurs de film comme John Williams voire un certain John Adams dans certaines pièces symphoniques. Mais loin, bien loin de cet univers, c’est une véritable prouesse qu’a réussi cet ensemble avec ce si bon chef qu’est Zinman d’arriver à pénétrer le mystère malhérien avec cette énigmatique quatrième symphonie mâtinée d’ironie, d’une noirceur lumineuse si bien mise en exergue par la très belle soprano Elsa Dreisig dans l’interprétation du Lied final. Rafraîchissant!



CHRISTOPHE FLOQUET


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On-topaudio - 31 décembre 2015

Concert du vendredi 18 décembre 2015 à la Philharmonie de Paris


Pour ce concert donné à la Philharmonie I, le chef américain David Zinman mettait au programme l’Ouverture du Carnaval romain de Berlioz. Bien que son opéra Benvenuto Cellini ait subi un échec retentissant lors de sa création en 1838, Berlioz revient à la charge six ans plus tard en 1844 et compose une seconde Ouverture (Le Carnaval romain) destinée à être exécutée au deuxième acte. Celle-ci, admirablement orchestrée, va remporter auprès du public un succès retentissant, éclipsant du même coup l’Ouverture de Benvenuto Cellini pourtant elle aussi d’une très belle facture.


La deuxième oeuvre inscrite au programme consistait en une œuvre étrange de Sergueï Rachmaninov : les Danses symphoniques op.45.Elles font partie des rares œuvres que le compositeur russe exilé aux Etats-Unis depuis la Révolution Russe de 1917 produira après 1926. La première partie (Non allegro-Lento-Tempo primo) est un curieux mélange de douceur et de sauvagerie, rappelant l’âpreté et l’agressivité presque démoniaques de sa Première Symphonie injustement dénigrée lors de sa création. Une sorte de valse lugubre et nostalgique envahit l’Andante con moto qui tient lieu de deuxième partie. Quant au Lento assai qui conclut l’œuvre, la folie et la démesure semblent s’y livrer une bataille sans merci malgré l’intrusion de thèmes charmeurs bousculés par d’incroyables accès de fureur démultipliés par l’introduction du terrible Dies Irae qui envahit cette dernière séquence.


Johannes Brahms terminait ce concert avec une œuvre aux proportions inusitées : le Concerto pour piano et orchestre No2 op.83.Une œuvre elle aussi assez étrange puisque dotée de quatre mouvements et dont la création sera assurée par le compositeur tenant lui-même la partie de piano le 9 novembre 1881 à Budapest. Après l’orageux et violent Premier Concerto pour piano, Brahms, au lieu de déclencher la tempête, débute son premier mouvement (un Allegro ma non troppo) par un solo de cor qui introduit une notion de douceur presque bucolique. Le second mouvement (Allegro appassionato) est en total contraste par son énergie et son aspect passionné et rude. Retour de la rêverie et de la douceur avec le troisième mouvement (Andante) où le piano dialogue avec un violoncelle enchanteur. Le dernier mouvement (Allegretto grazioso) réunit dans un dialogue étincelant le piano et les bois, concluant l’oeuvre dans un climat rêveur et apaisé.


C’était ce soir-là aux musiciens de l’Orchestre Français des Jeunes d’officier dans cette vaste salle de la Philharmonie I. Placé sous la direction agissante et chaleureuse de David Zinman, l’Orchestre Français des Jeunes réagissait avec enthousiasme face à la bondissante et virevoltante Ouverture du Carnaval romain de Berlioz. Le chef américain et son orchestre, maîtrisaient à merveille l’aspect inquiétant, violent et emporté des Danses symphoniques de Rachmaninov. Quant à la dernière oeuvre (le Deuxième Concerto pour piano de Brahms) malgré une légère défaillance dans les cuivres, l’Orchestre Français des Jeunes savait tenir son rang jusqu’à sa conclusion. C’était au grand pianiste Nelson Freire de tenir le rôle de soliste dans ce monumental Concerto pour piano et orchestre de Brahms. Il s’en acquitta avec la plus grande fermeté, nous révélant de l’oeuvre une image sublime, dénuée de toute forme de routine. Malgré force rappels d’un public réclamant un bis après cette étonnante performance, Nelson Freire n’accéda pas à cette requête car l’oeuvre, faut-il le rappeler, atteignait bien cinquante minutes !
Michel Jakubowicz


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Concertclassic.com - 24 novembre 2015

L’ORCHESTRE FRANÇAIS DES JEUNES BAROQUE AUX BOUFFES DU NORD – UNE PROUESSE – COMPTE-RENDU


À se demander comment fait Leonardo García Alarcón ! Ce chef baroqueux doublé d’un claveciniste accumule les concerts et apparitions à travers festivals renommés et salles prestigieuses de par le monde ; tout en multipliant les responsabilités : à celle de son ensemble Capella Mediterranea, qu’il a fondé, il ajoute la direction du Choeur de chambre de Namur, du Millenium Orchestra (de Namur, toujours), et, entre des cours dispensés au Conservatoire de Genève et une résidence au Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay, trouve le moyen et le temps de prendre en main l’Orchestre français des Jeunes Baroque. Tout cela, sans aucun préjudice de la qualité régulière de ses prestations et des formations qu’il dirige. Et qui plus est, sans céder à la facilité des sentiers rebattus, mais poursuivant la recherche et la découverte de répertoires inusités.  
On était donc quelque peu curieux de constater son travail en compagnie de l’Orchestre français des Jeunes Baroque. Aux Bouffes du Nord, disons-le d’emblée, le résultat dépasse toute espérance. Ce concert concrétise et clôt une session commencée le 30 octobre, par des répétitions à Aix-en-Provence, ponctuées de trois concerts, à Aix, Soissons et enfin Paris. Le programme entend illustrer les musiques ayant cours à la cour de Louis XIV. Quoi de plus normal pour un ensemble sur instruments anciens, français par destination et vocation !


C’est ainsi que prennent place des arias et extraits de Lully, Cavalli, Destouches, Rossi, mais aussi Monteverdi et Antonia Bembo (vers 1640-1720)… Aboutissement d’un travail de seulement douze jours, dont on ne peut qu’être frappé des fruits recueillis. Rondeur des vents, soyeux des cordes, cohésion, équilibre, dynamique sonore, énergie d’ensemble et subtilité de chaque pupitre : les trente-et-un jeunes instrumentistes égalent en maturité les meilleures phalanges baroques. Une prouesse ! Qui doit beaucoup, n’en doutons pas, à la direction impérieuse de García Alarcón, à son incomparable savoir-faire et savoir transmettre (ici, éminemment pédagogique). Aidé dans sa tâche de formateur par le violoniste Johannes Pramsohler, le violoncelliste et continuiste Atsushi Sakaï, et le hautboïste Patrick Beaugiraud. L’avenir des baroqueux en France semble bien assuré !


Andreea Soare et Eva Zaïcik apportent l’appoint vocal, avec une transmission adéquatement en phase, entre délicatesses et élans ; quand bien même la première bénéficie d’un léger vibrato, moins conforme au chant théoriquement baroque. Des textes écrits par Jean-François Lattarico et prêtés au Roi-Soleil, font le lien des passages musicaux et les placent dans leur contexte. Découpage a priori bien venu, si ce n’est que ces textes sont lus par le comédien François Marthouret d’un ton nonchalant et monocorde ; amplifié d’un micro, superfétatoire au sein de cette acoustique idéale. Seul réel accroc dans le déroulement éblouissant de la soirée.



Pierre-René Serna


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Classiquenews.com - 1er octobre 2015

Compte-rendu, concert. Montreux, Auditorium Stravinsky. Le 8 septembre 2015. Hector Berlioz : Carnaval Romain. Ludwig van Beethoven : Symphonie n° 4 en si bémol majeur op. 60. Johannes Brahms : Concerto pour piano et orchestre n° 2 en si bémol majeur op. 83. Jean-Frédéric Neuburger (piano) ; Orchestre Français des Jeunes ; David Zinman (direction)


Depuis soixante-dix ans, le Septembre Musical de Montreux-Vevey est le rendez-vous des mélomanes sur la Riviera vaudoise, et en premier lieu des amateurs d’orchestre. Après le Russian National Orchestra dirigé par Hartmut Haenchen, l’Orchestre National de France placé sous la baguette d’Emmanuel Krivine et le European Philharmonic of Switzerland sous la direction de John Fiore, la manifestation vaudoise a accueilli l’Orchestre Français des Jeunes dirigé par son nouveau directeur musical, le chef américain David Zinman qui a longtemps présidé la destinée des Orchestres de Rotterdam et de la Tonhalle de Zürich.


Après le tour de chauffe que constitue le fameux Carnaval Romain d’Hector Berlioz, réalisé avec autant de sensibilité que de brio, la phalange hexagonale s’attaque à la Quatrième symphonie de Ludwig van Beethoven, opus plutôt discret entre les célébrissimes Troisième et Cinquième symphonies. Cette symphonie évoque un peu, par son romantisme délicat et sa poésie souriante, le Schubert de la Cinquième symphonie, avec ce même sentiment de mystère qui baigne les mesures de l’introduction lente, puis cette impression d’esprits errants dans l’Allegro vivace. Quant à l’Adagio – en référence aux sentiments amoureux qui auraient inspiré Beethoven à propos de ce thème -, Berlioz avait dit : « ce mouvement surpasse tout ce que l’imagination la plus brûlante pourra jamais rêver de tendresse et de pure volupté ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que David Zinman et l’OFJ rendent parfaitement justice à ces différentes atmosphères… avec un son qui subjugue l’oreille des auditeurs !
En seconde partie, le pianiste Jean-Frédéric Neuberger vient faire montre de son talent dans le Concerto pour piano N°2 de Johannes Brahms. Contrairement au Concerto N°1, l’opus 83 associe aussitôt l’orchestre et le pianiste. Neuberger déploie d’emblée un son profond et un phrasé parfaitement équilibré. Il fait ensuite preuve de beaucoup de fougue dans l’Allegro appassionato qui suit, s’avérant parfaitement en phase avec Zinman qui donne à son orchestre des couleurs automnales. L’Andante génère lui beaucoup d’émotion grâce à la longueur des phrases, étirées jusqu’à l’infini par le pianiste français.L’Allegretto grazioso conclusif est une conversation aussi aimable qu’enlevée, et si Neuburger fait encore preuve de moments d’éclats, il soigne surtout les transitions, offrant un babillage à la fois serein et optimiste. Après de nombreux rappels, il remercie le public en exécutant, en bis, une des nombreuses Etudes de Debussy.
En guise de conclusion, signalons au lecteur que Zinman et l’OFJ reprendront ce même programme le 18 décembre prochain à la Philharmonie de Paris – mais avec Nelson Freire comme soliste dans le Concerto de Brahms…

Emmanuel Andrieu


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Altamusica.com - 20 décembre 2014

D'une œuvre minimaliste de John Adams, The Chairman Dances, à la richesse du Mandarin merveilleux de Bartók, l'OFJ a donné sa pleine mesure sous la direction de Dennis Russell Davies. Un programme où Stravinski et Martin? avaient leur place, la pianiste Maki Namekawa remarquable dans le Concerto pour piano et instruments à vent du premier. « Leur écriture est partie à la manière d'un foxtrot pour le président Mao et son épouse Jian Qing, la légendaire Madame Mao [?]. Celle-ci interrompt le formalisme d'un banquet officiel et invite le président, qui n'est en fait qu'un gigantesque portrait accroché au mur, à descendre, vieil homme, pour danser », présente John Adams ses Chairman Danses, initialement prévues comme chute à son opéra Nixon in China. Quelle qu'en soit l'imagination plus ou moins historique, leur progression tient de l'hypnotisme. Les nuances colorent d'entrée les répétitions subtilement évolutives. Sous la direction de Dennis Russell Davies, l'Orchestre français des Jeunes en donne tout à entendre. Telle une vague qui gonfle et se retire et revient, la masse orchestrale insensiblement différenciée suit le rythme maître du jeu. Implacable sous la richesse des sonorités, il porte les sons rauques, déchirés, alanguis, les silences abrupts d'ondulations qui se propagent et se fondent, pupitres personnalisés jusqu'au piano et la conclusion percussive d'une œuvre surréaliste irrésistiblement soutenue. Le Concerto pour piano et instruments à vent de Stravinski n'a pas la même évidence. Sécheresse, netteté, provocation revendiquées par le compositeur manquent d'insolence. La grande triomphatrice en est Maki Namekawa. Encadrée des basses, seules cordes présentes, la mécanique implacable du piano, concise, déterminée, martelée sans dureté domine les doublures de l'orchestre qui semble plutôt la suivre qu'imposer ses contretemps. Le Finale aux accents syncopés l'est un peu trop sérieusement. Stravinski n'en a pas moins propulsé ses audaces jouissives. Avant que Maki Namekawa ne joue en bis l'Étude n° 10 de Philip Glass, idéalement choisie après l'œuvre de John Adams. Sensualité du toucher égal et dynamique impassible nous gardent suspendus à l'avancée de cette musique vraiment répétitive où il se passe toujours quelque chose ainsi habitée, haletante. Une révélation. Avec le Mémorial pour Lidice de Martin?, c'est l'émotion qui nous prend. Ode funèbre empreinte de résolution autant que de deuil, elle a été composée à la demande du gouvernement tchécoslovaque pour commémorer la destruction du village de Lidice par les Nazis le 10 juin 1942. L'OFJ s'engage de toute son âme dans sa tragédie. Percussion poignante, pupitres des vents encore un peu faibles mais sans faillir à l'expressivité de leur chant, homogénéité des cordes parfaite sur les rythmes serrés, moins sur les longs phrasés, ces mini-réticences n'atténuent pas la ferveur d'une éloquence austère. Dont la souffrance et les déchirements triomphent des faiblesses d'ailleurs relatives liées à l'âge des musiciens. Et c'est un Mandarin merveilleux saisissant de vitalité qui nous séduit dès ses premières mesures. La jeunesse des interprètes, d'emblée en osmose avec les excès géniaux de la partition, exacerbe son expressionisme sidérant. Frénésie, couleurs, climats, magie fascinent et nous empoignent. Héros de la pantomime originale de Bartók, la clarinette ou le hautbois solos suivis de tous les bois s'incarnent, les cuivres provoquent et triomphent, les cordes tourbillonnent, la puissance du fabuleux crescendo orchestral à la poursuite du mandarin atteint ses sommets. Un concert mémorable, tant par sa programmation que par son interprétation. Claude Helleu


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La Marseillaise - 10 octobre 2014

L'esprit de la danse baroque L'orchestre français des Jeunes baroques (OFJB) a rejoue mercredi soir au Grand Théâtre de Provence la fameuse "Querelle des bouffons" qui opposa, sous le règne de Louis XV, les tenants d'un art lyrique a la française hérité de Lully et ceux d'un opéra plus naturel, initié par les Italiens avec l'arrivée à Paris de l'intermède comique la Serva padrona de Pergolèse. Le programme choisi mettait en miroir des œuvres des deux compositeurs au cœur de cet affrontement qui a mobilisé les Encyclopédistes du cote de la modernité contre la tradition. Côté tradition, à son corps défendant, Jean Philippe Rameau, avec les suites extraites de l'opéra Dardanus et des Fêtes d'Hébé, et, côté modernité, Christophe Wilhibald Gluck, le réformateur de l'opéra, avec des extraits du ballet Don Juan dont Mozart se souviendra. Programme complété par une brève symphonie de Francois Martin mort a 30 ans en 1757. Le conflit, violent pour l'époque, est pacifié depuis fort longtemps. Ce que retient aujourd'hui l'auditeur, c'est ce gout pour la danse initié par Louis XIV et qui reste la première source d'inspiration du XVIIIe siècle et le pivot de cette musique composée entre la fin du XVIe et les premières lueurs du classicisme avec les fils de Bach et Haydn. Les musiciens de l'OFJB ont d'ailleurs suivi un atelier danse afin de toucher au plus près la réalité de ce répertoire galant ou les tendres menuets et les tambourins succèdent aux rigodons, gavottes, loures graves et autres chaconnes, rondeaux et ritournelles. Sous la direction précise et légère de Christophe Coin, le résultat est euphorisant En témoigne une Danse des Furies de Gluck trépidante et aérienne. Le son est finement ciselé malgré les flottements de justesse inhérents aux cordes anciennes. On savoure les très belles parties de bois, flutes, hautbois et bassons impeccables de précision et de virtuosité. Jusqu'au pupitre des percussions qui se fait remarquer avec Laurent Sauron dans un solo de castagnettes réjouissant et un triangle spirituel. Cette session 2014 est donc une réussite totale tant par la qualité de l'interprétation, qui restitue à cette musique tout son jus, que par l'enthousiasme de ces jeunes professionnels engagés corps et âme dans ce répertoire qu'on ne cesse, encore aujourd'hui, de redécouvrir avec bonheur PATRICK DE MARIA


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Libération - 30 juillet 2014

Vent de fraîcheur sur le symphonique La session d'été des étudiants de l'Orchestre français des jeunes s'ouvre à Aix-en-Provence. Début d'été à la Philharmonie de Berlin : l'Orchestre français des jeunes, dit OFJ, ouvre le festival Young Euro Classic, qui présente les meilleurs orchestres de jeunes européens. Au programme, la Symphonie n°1 de Sibelius, le Concerto pour la main gauche de Ravel, avec Romain Descharmes en soliste invité, et l'ouverture Leonore, n°3 de Beethoven. Contre toute attente, alors que le Philharmonique local est tenu pour l'un des trois meilleurs au monde, les Français font salle comble et recueillent une ovation. Mécène. Créé en 1982 sous l'impulsion du ministère de la Culture afin d'initier les étudiants des conservatoires au travail en groupe, l'OFJ, en résidence à Aix-en-Provence depuis 2007, est toujours seul à remplir sa mission de formation professionnelle. Son budget 2014 est de 850 000 euros, dont deux tiers proviennent de l'Etat, l'autre mécène important étant le Grand- Théâtre de Provence, qui accueille le concert de fin de session. Présidé par Hugues Gall et dirigé par Pierre Barrois, l'OFJ a vu, ces dernières années, son cahier des charges s'étoffer. «Nous proposons désormais aux musiciens de travailler avec des metteurs en scène et des comédiens afin d'apprendre à communiquer avec le public», explique Barrois. Autre innovation, parallèle à la création d'un orchestre dédié au répertoire ancien et baroque, l'atelier d'interprétation de la musique classique.Encadrés par des musiciens de l'orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth, les étudiants découvrent les instruments anciens pour lesquels Mozart et Beethoven ont composé, afin de rendre justice à leur musique lorsqu'ils l'interprètent sur des instruments d'aujourd'hui. Toujours dans l'optique d'aider à leur insertion professionnelle, l'OFJ initie les musiciens aux aspects économiques et juridiques de la profession, pour qu'ils puissent défendre leurs droits, créer une association ou un ensemble, tandis que des médecins leur apprennent à prévenir et gérer les troubles musculosquelettiques liés à la pratique de leur instrument. Dernière innovation : la possibilité pour les étudiants d'effectuer l'une des trois sessions de travail annuelles dans un autre orchestre de la fédération européenne, sur le modèle d'Erasmus. Cet été, l'OFJ et son chef attitré, l'américain Dennis Russell Davies, joueront le 20 août au Grand-Théâtre de Provence, le 22 au festival de la Chaise-Dieu, et les 23 et 24 au Parc floral de Paris, dans le cadre du festival Classique au vert. «Zarathoustra». Selon les soirs, ils interpréteront la Symphonie n°3 de Saint-Saëns, avec Thierry Escaich à l'orgue, la suite tirée de l'opéra Claude de ce dernier, la Symphonie n°2 de Brahms, la Maurerische Trauermusik de Mozart, Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, les Chairman Dances de John Adams, et le Concerto pour piano et instruments à vent de Stravinsky. Avant cela, sur le modèle de leur flashmob d'il y a trois ans à la gare du Nord, on les retrouvera les 9 et 18 août dans les rues d'Aix-en-Provence, où ils joueront des extraits de BO des films de Stanley Kubrick, une «version de poche» du Zarathoustra de Strauss et, on l'espère, le désopilant arrangement du Careless Whisper de George Michael, dont les vents et cuivres émaillèrent la répétition berlinoise. Eric DAHAN Envoyé spécial à Berlin


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Berliner Morgenpost - 23 juin 2014

Young Euro Classic Festival

Quand Ravel promène trois mains sur le clavier

Coup d'envoi pour le festival Young Euro Classic, qui se déroule pour la première fois à la Philharmonie de Berlin. Le lancement a été marqué par une soirée pleine de symboles pour rappeler le début de la Première Guerre mondiale voilà cent ans. Une vision imposante, ce Dennis Russell Davis : crâne rasé, épaules massives, un cou de taureau impressionnant. Lentement, il examine le public avec de petits coups d'oeil, avant de déployer ses dizaines d'années d'expérience musicale comme une parure solennelle autour de l'Orchestre français des jeunes.

Le chef d'orchestre américain a l'honneur d'ouvrir cette édition du festival Young Euro Classic, une série de concerts qui attire à Berlin, chaque été depuis 15 ans, des orchestres de jeunes venus du monde entier. Jusqu'ici, les musiciens étaient établis au Konzerthaus, mais la rénovation du bâtiment les pousse à s'installer pour la première fois à la Philharmonie.
Dennis Russell Davies dirige une soirée pleine de symboles, un concert qui doit rappeler le début de la Première Guerre mondiale il y a cent ans. Ce n'est pas un hasard si le chef d'orchestre est entouré par un orchestre de jeunes venu de France, l'ancien ennemi juré de l'Allemagne. Ce n'est pas un hasard non plus qu'il soit dirigé par Dennis Russell Davies, un Américain. C'est bien campé sur ses deux jambes et les bras agités qu'il insuffle vie et lumière à la Symphonie n° 1 de Sibelius (1899). La musique du Finlandais souvent si rugueux et si laborieux semble ce soir-là s'épancher d'une beauté tranquille, son énergie et son intransigeance adoucies par un plaisir de jouer tout naturel. Le grand professionnalisme de certains solos est saisissant. Ainsi, le clarinettiste anonyme qui joue dès le début de la symphonie pourrait très bien faire partie d'un orchestre de classe mondiale. Ses notes douces, qui semblent flotter dans l'infini, rappellent fortement le clarinettiste de la Philharmonie de Berlin Wenzel Fuchs.

L'exigence d'une virtuosité quasi inhumaine
Après la pause est prévu le génial et inventif Concerto en ré majeur de Maurice Ravel. On ne l'entend que trop peu ici en Allemagne. Pour la plupart des pianistes, c'est une partition synonyme de cauchemar. La raison ? Ravel ne l'a composée que pour la main gauche. Il en exige une virtuosité quasi inhumaine. Si on ne l'avait pas vu de ses propres yeux, on aurait cru que c'est au moins trois mains que Ravel fait courir sur le clavier. Le Français de 34 ans Romain Descharmes réalise ce tour de force de trompe-l'oeil acoustique avec brio. Le poignet vibrant, un poids maîtrisé et un soin méticuleux apporté à la note. Ravel a réservé à l'interprète deux cadences très aériennes. Après cela, tout ajout pianistique est superflu. Si tout se déroule comme l'a prévu le compositeur, le pianiste aura montré en un peu plus d'un quart d'heure tout ce qu'il est possible de faire avec une seule main. Romain Descharmes y réussit. C'est en nage mais heureux qu'il quitte le podium. L'orchestre l'applaudit de tout coeur jusqu'à l'euphorie, avant d'enchaîner sur l'ouverture Léonore III en ut majeur de Beethoven ; une oeuvre que l'on aurait plutôt attendue en début de concert. Dennis Russell Davies montre avec volupté tout le romantisme que recèle déjà cette composition de Beethoven datant de 1806. Et il révèle à nos oreilles l'extraordinaire élégance de cette musique mise en valeur par ses nouveaux atours français.

Felix Stephan


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Concertclassic.com - 04 septembre 2013

L'Orchestre Français des Jeunes à Vichy : l'OFJ, exemple et référence

 

Dernière étape de la tournée d’été de l’Orchestre Français des Jeunes, le concert à l’Opéra de Vichy aura sûrement ravivé bien des souvenirs dans la mémoire des responsable de cette formation, à commencer par son directeur Pierre Barrois. On se souvient en effet que, de 1993 à 1999 (1), l’OFJ fut en résidence à l’Opéra de Vichy, avant de faire un séjour à l’Auditorium de Dijon pour finalement élire domicile, à partir de 2007, au Grand Théâtre de Provence où il a depuis lors rendez-vous deux fois l’an. 

Très stimulante pour les jeunes musiciens (de 16 à 25 ans) qui forment l’exemplaire et irremplaçable phalange-école fondée en 1982 à l’instigation de Maurice Fleuret, la session qui s’achève leur aura permis de participer au Festival d’orchestres méditerranéens de jeunes organisé à Aix début août - et même de prêter main forte à l’Orchestre National des Jeunes d’Irak (14 musiciens ont été recrutés spécialement par l’OFJ pour s’intégrer à cette formation lors de sa venue à Aix). 

L’année 2013 a aussi conduit l’OFJ à enrichir sa mission formatrice en invitant ses membres à participer à divers ateliers : « Entreprenariat et professionnalisation », animé par Pascal Foy (responsable Mission Entreprises du Groupe Audiens), «Sensibilisation au problèmes de santé des musiciens » par Isabelle Campion (ostéopathe de la Clinique du Musicien) et « Introduction à l’interprétation classique » par Julien Hervé (clarinette solo de l’Orchestre de Rotterdam et de l’Orchestre Les Siècles – et ancien membre de l’OFJ) et Jan Orawiec (violon solo des Siècles). L’intelligent pragmatisme qui se manifeste là et l’expérience engrangée trois décennies durant expliquent que l’OFJ soit devenu une référence pour les formations, française ou étrangères, impliquant des musiciens encore étudiants et que leurs responsables sollicitent régulièrement les conseils des dirigeants de notre orchestre-école. 

Fin de tournée estivale à Vichy donc pour une phalange que l’on retrouve sous la direction de Dennis Russell Davies, avec Bertrand Chamayou en soliste. Croiser en fin d’après-midi aux abords de l’Opéra de jeunes musiciens piaffant d’impatience de se produire est déjà un bonheur ; plus grand encore celui de les entendre le soir sous la baguette enthousiaste et rigoureuse de leur directeur musical (1). 

Programme franco-allemand contrasté, qui s’ouvre avec le lumineux Concerto en sol majeur de Ravel sous les doigts d’un Bertrand Chamayou d’une fraîcheur irrésistible. Les membres de l’OFJ ont une sacrée chance de se produire au côté d’un soliste de cette trempe ! Ce d’autant qu’il joue pleinement la carte du dialogue avec l’orchestre dans une interprétation fouillée, vivante mais sans précipitation inutile dans les mouvements vifs et avec en son cœur un Adagio assai aussi naturel que tendrement fluide et paré de couleurs raffinées. Quel sang froid aussi chez un interprète qui, en plein milieu de ce magique épisode, parvient à ne pas se laisser déconcentrer par le comportement de deux ou trois individus – que par bienséance nous nous dispenserons de qualifier – qui, sans vergogne, descendent l’allée centrale pour venir s’installer… au premier rang côté cour ! Quant on méprise à ce point la musique et les interprètes, on est prié de se tenir à distance. 

Bicentenaire Wagner oblige, le musicien est au programme de la seconde partie avec « Le Ring sans paroles », réalisation signée Lorin Maazel où s’enchaînent dans leur ordre d’apparition les principaux extraits symphoniques de la Tétralogie, du Prélude de L’Or du Rhin au thème de l’amour libérateur sur lequel se referme Le Crépuscule des Dieux. Vrai défi pour les jeunes instrumentistes que ce digest : en l’espace d’un peu plus de soixante-dix minutes ils y sont confrontés, à de la musique géniale certes, mais aussi à une inhabituelle concentration de difficultés techniques qui confère à son exécution un caractère hautement formateur. 

Le courant passe avec le maestro américain, visiblement heureux de conduire ses jeunes troupes et de leur transmettre son expérience. D’une gestique aussi précise que suggestive, il sculpte la masse sonore, dose les timbres et entretient de bout en bout une formidable ferveur. Pas une once de routine, seulement un désir de musique, une envie de se donner au maximum qui, une fois de plus, font honneur à l’OFJ et soulèvent l’enthousiasme du public, gratifié en bis d’un Prélude de l’Acte III de Lohengrin rondement mené. 

Alain Cochard


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Le Pariser - 20 août 2013

Ah, la jeunesse !

Mûri dans les années 1970 et créé en 1982 par le Ministère de la Culture, l’Orchestre Français des Jeunes (OFJ) constitue pour les jeunes musiciens sortis du conservatoire une première expérience du travail au sein d’un orchestre – et donc un tremplin vers leur intégration professionnelle. Si les Conservatoires de Paris et Lyon se trouvent particulièrement représentés à l’issue du concours de recrutement, prestige et nombre obligent, on trouve dans les rang de la formation des étudiants des quatre coins de l’hexagone. Depuis 2007, l’ensemble a sa résidence au Grand-Théâtre de Provence, à Aix-en-Provence, et est dirigé pour la troisième fois par Dennis Russell Davis. L’évènement Marseille 2013 a par ailleurs donné un coup de projecteur supplémentaire sur ce programme qui réconcilie la raison pédagogique et l’artistique et a réuni pendant une semaine, dans le cadre des échanges européens au sein de la Fédération des Orchestres nationaux de Jeunes, les français aux espagnols, aux italiens et aux irakiens. On reconnaît ces derniers au costume traditionnel qu’ils arborent fièrement en ce mercredi soir où l’OFJ étrenne le concert de leur session d’été. On le sait, la musique relie les hommes tels des frères – et il n’y pas que Daniel Barenboïm à l’avoir compris.

Wagner en version de poche
Incontournable en cette année de bicentenaire, Wagner s’invite dans la version réduite que Lorin Maazel a réalisée de la Tétralogie. Le Ring sans paroles est un voyage de moins d’une heure – pour plus de quinze dans l’intégrale – dans la vaste fresque du compositeur allemand. Le chef américain a compilé et cousu les extraits pour en faire un fleuve musical continu et cohérent. L’on y reconnaît évidemment les grands moments de l’opéra, tels le prélude de L’Or du Rhin, La Chevauchée des Walkyries ou encore La Mort de Siegfried. Mais l’on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine frustration de ne pas retrouver la rencontre entre Brunhilde et Siegmund ou de n’entendre qu’une esquisse de l’Entrée des Dieux aux Walhalla ou des Adieux de Wotan. C’est que la réécriture favorise le dynamisme dramatique vers la conclusion du cycle, Le Crépuscule des Dieux, qui représente presque la moitié de la réduction. Surtout, ce sont les sonorités éclatantes qui sont privilégiées, au risque d’une relative superficialité et d’une exposition excessive des cuivres, souvent talon d’Achille de la France orchestrale.

La petite harmonie et le sens mélodie ont heureusement trouvé leur juste tribune en première partie de soirée, laquelle commençait avec la virtuose et généreuse Ouverture méditerranéenne de Milhaud, ici comme chez elle. Dennis Russell Davies y fait souffler une belle juvénilité que l’on apprécie également dans Iberia de Debussy, autre témoignage méridional d’un grand raffinement. L’oreille est agréablement caressée par ces couleurs variées et lumineuses, restituées avec une belle énergie qui fait pardonner les imprécisions émaillant surtout le redoutable Wagner. Mais l’essentiel est ailleurs, dans cette volonté d’apprendre et de progresser si évidente et à laquelle répondent la patience et l’enthousiasme de Dennis Russell Davies. Ce n’est pas un hasard si plus de neuf musiciens sur dix passés par l’OFJ sont devenus professionnels. L’avenir n’a jamais été aussi tentant.

GC


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La Provence - 16 août 2013

Orchestre Français des Jeunes : L'apothéose.

Mercredi soir, au Grand Théâtre de Provence, il revenait à l’Orchestre Français des Jeunes de mettre un point final à sa résidence estivale aixoise marquée, en cette année de capitale européenne, par les prestations des ensembles de jeunes italien et espagnol et par la présence, en résidence aussi, des jeunes irakiens. Si les Espagnols avaient brillé par leur puissance, les Italiens par leur finesse et les Irakiens par leur fraîcheur, c’est par leur technique que les jeunes français ont séduit mercredi.
Car pour ce concert final le programme proposé ne faisait pas dans la facilité, loin s’en faut. Avec pour lancer la soirée, Ouverture méditerranéenne de Darius Milhaud. C’est l’une des intéressantes compositions symphoniques du musicien marseillais, Aixois d’adoption et de cœur. L’écriture est riche, colorée, et les musiciens de l’OFJ lui ont donné vie avec beaucoup de chaleur.
Suivait Ibéria de Claude Debussy. Et c’est surtout là que la technique a compté. Car avec ses décalages et ses originalités, cette partition peut rapidement devenir un piège. Hypothèse funeste évitée par l’OFJ sous la direction toujours très solide, mais néanmoins nuancée, de Dennis Russell Davies. Des cordes profondes et satinées, des vents harmonieux, des cuivres brillants : il n’en fallait pas plus pour partir vers cette Espagne musicale fantasmée par un compositeur qui n’y a séjourné que quelques heures…
Après l’entracte, c’est avec le Ring sans paroles que l’OFJ bouclait la soirée. 70 minutes d’une compilation intelligente des tubes de la tétralogie réalisée par Lorin Maazel. L’occasion de se délecter en face-à-face de cette musique, qui pour une fois, ne sortait pas de la fosse d’un opéra.
A la direction, Dennis Russell Davies prend visiblement du plaisir et ses musiciens, à tous les pupitres, semblent en faire autant. Aux élans des cuivres répond le raffinement des cordes. A la précision de la petite harmonie, la puissance des percussions. Du beau travail, cette année encore, pour ces musiciens qui vont désormais partir en tournée.
Michel  Egéa – La Provence – 16 août 2013


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La Provence - 7 août 2013


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La Provence, 11 mai 2012

On a vu au GTP, les petits bijoux de l’OFJ Baroque. 

Ils auraient mérité un peu plus de public, mercredi soir au GTP, les musiciens de l’Orchestre Français des Jeunes baroque. Où plutôt, ils auraient dû se produire au Théâtre du Jeu de Paume qui aurait pu accueillir sans problème les quelque 500 mélomanes et procurer un écrin superbe aux petits bijoux musicaux proposés par les artistes. Au premier rang de ces bijoux, travaillés en résidence à Aix sous la direction germanique sur la forme et hyper baroque sur le fond, du Maître Reinhard Goebel assisté dans sa tâche par Johannes Pramsohler, violon solo habitué à fréquenter quelques-uns des meilleurs ensembles baroques de la planète du « la 415 », le Concerto en mi mineur op. 26 n°4 de Jacques Aubert. Une exquise composition en quatre mouvements, tous aussi subtils et raffinés les uns que les autres avec un carillon final en forme de grand bonheur. Quelle belle découverte !

C’était entre le Grand Concert pour 4 violes de Marc-Antoine Charpentier. Partition intéressante à l’écoute de laquelle nous avions pensé déceler un léger problème de justesse du côté des altos. Que nenni ! Il s’agit, nous a appris Pierre Barrois le directeur de l’OFJ, d’une subtilité de composition de Charpentier.

Autre bijou apprécié en deuxième partie, l’Ouverture en sol mineur de Johann Bernhard Bach, petit cousin de Jean-Sebastien. Une composition qui demande de l’endurance, car alternant six mouvements dans la foulée, mais aussi beaucoup de précision. Qualité dont ont fait preuve, tout au long de la soirée, les musiciens de l’OFJ baroque, mais qui n’est pas la seule. Beaucoup d’allant et de passion dans le jeu, avec des couleurs chatoyantes et soyeuses et une attention de tous les instants pour le premier violon solo qui dicte départs et cadence. Du beau travail ! 

La provence, 11 mai 2012, Michel Egéa. 


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La Provence, 19 décembre 2011

 « Depuis 2008, tous les ans, été comme hiver, on se dit que le bonheur procuré par les prestations de l’OFJ est unique, qu’il fallait savourer l’instant parce que la prochaine fois ce serait peut-être moins bien. Après le concert de samedi, il faut croire que le vocable « moins bien » a définitivement été banni du vocabulaire des jeunes musiciens et de leur encadrement. Car, une fois de plus, c’est du total bonheur pour mélomanes qui a été distillé en forme de cadeau de Noël une semaine avec l’heure.  Avec en ouverture la, La Procession Nocture poème symphonique d’Henri Rabaud. […] Ce poème est d’une qualité d’écriture rare avec une orchestration qui fait la part belle aux cordes. Et Dennis Russell Davies, le directeur musical de l’OFJ a profité de celles mises à sa disposition pour livrer une interprétation ample, ronde et chaleureuse de cette partition. De Janacek suivait la Sinfonietta. L’occasion pour les cuivres de s’éclater avec puissance et précision et à l’importante masse orchestrale de prendre un visible plaisir à l’interprétation de l’œuvre.
Don Quichotte  ne fait pas partie des œuvres orchestrales les plus jouées de Richard Strauss. Till, Zarahoustra, Une Symphonie alpine sont plus souvent au programme des concerts. Rendons grâce, donc à l’OFJ et à son chef Dennis Russell Davies d’avoir eu la bonne idée de nous proposer cette audition magnifiée par la présence, au violoncelle, de Sonia Wieder-Atherton […]. Aux graves sonorités du violoncelle de Sonia Wieder-Atherton ont répondu avec bonheur le violon de la charmante Camille Vasseur et l’alto de Manuel Vioque-Judde. Ce dernier fut une véritable révélation. Elève en dernière année au CNSM à Paris, on devrait entendre parler de lui ces prochaines années. Il a un son somptueux et un feeling remarquable, on vous dit. Standing ovation.

19 décembre 2011, la Provence, Michel Egéa


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La Provence, 27 août 2010

L'OFJ au top niveau pour la 9ème de Mahler 

« La symphonie n°9 de Gustav Mahler est un monument. Marquée par le renoncement et la mort, la partition est d’une difficulté extrême, nécessitant une masse orchestrale imposante devant faire preuve, à tous les pupitres de précision et de profondeur. Sous la direction de Kwamé Ryan, l’Orchestre Français des Jeunes a fait preuve, mercredi soir au GTP, de ces qualités. Certains, avant les premières notes, se demandaient si ces jeunes musiciens allaient pouvoir donner leur densité aux quatre mouvements d’une œuvre composée par un musicien en fin d’une vie marquée par les drames et la maladie. Une fois de plus, face à un Everest musical, l’OFJ a relevé, avec talent, le défi. Au terme d’une résidence studieuse et dense, Kwamé Ryan peut être heureux, et légitimement fier de son travail, et de ses élèves. Ces derniers, quant à eux, peuvent savourer à sa juste valeur le triomphe venu ponctuer leur prestation. L’orchestre a fait preuve d’une rigueur absolue. Rigueur non dénuée de sentiments et de couleurs. Des attaques franches et précises (quel beau cor solo, quelle belle flûte solo…), des respirations bienvenues, de la douceur, de la puissance, de la dérision, de l’émotion : tout ce qui fait la richesse de cette symphonie était là. Et les cordes, quelles cordes. Sublimissime attaque du 4e mouvement se poursuivant avec de la profondeur, de la couleur, de la chaleur et de la rondeur… De la vie au trépas, ces cordes là nous ont fait frémir d’émotion. […] Un grand moment, donc, partagé par une salle comble, ce qui relevait déjà de la performance un 25 août !

La Provence, 27 août 2010, Michel Egéa.


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